Le président de la ligue Camerounaise des consommateurs, à l’occasion de la commémoration de la 36e édition de la journée mondiale des droits de cette catégorie sociale, s’est exprimé sur les problèmes auxquels elle fait face.

Hier 15 mars s’est commémorée la 36e édition de la journée mondiale des droits des consommateurs. Qu’est-ce qui a été fait au niveau de la ligue camerounaise des consommateurs?

Nous avons mené une série d’activités dont le clou a été une conférence au cours de laquelle, nous avons demandé au gouvernement, compte tenu de ce que le thème cette année est : « lutter contre la pollution plastique », de respecter la loi cadre de 2011 /02 du 18 mai 2011, en son article 19 qui rend gratuit l’emballage des produits alimentaires. Quand aux entreprises qui produisent les plastiques ou qui emballent les produits plastifiés, nous leur avons demandé de mettre à la disposition des usagers des bacs à ordures destinés uniquement à ces emballages. Enfin aux consommateurs, nous avons demandé de mettre leurs déchets plastiques dans des poubelles destinées à cet effet, et non de les jeter dans des lieux publics ou dans la nature.

Cette 36e journée se célèbre dans un contexte marqué par la prolifération des produits de contrefaçon sur le marché local. Quelles sont les actions que vous menez en vue de sensibiliser le consommateur d’une part, et dénoncer les faussaires, d’autre part ?

Il faut déjà situer le cadre légal des actions des associations de défense des droits des consommateurs au Cameroun. La ligue camerounaise des consommateurs s’attèle d’œuvrer en conformité avec l’article 23 de la loi cadre numéro 2011/012 du 6 mai 2011 portant protection des droits des consommateurs au Cameroun. Pour ce qui est des faux’produits, nous nous attelons non seulement à les dénoncer, mais à inviter les consommateurs, surtout ceux qui sont voisins de ces laboratoires de la mort à les dénoncer.

Ce n’est qu’ensemble qu’on pourra amener ces laborantins, ces chimistes de la mort à être condamnés et leurs réseaux démantelés. Par ailleurs, nous sensibilisons les consommateurs pour qu’ils comprennent la nécessité de redoubler de vigilance quand ils sont face à un produit. Nous leur disons qu’avant d’acheter un produit, il y a deux importantes mesures à prendre. D’une part, la lecture de la vignette. Il faut regarder si la vignette est sur le bouchon ou sur le capuchon. D’autre part, il faut regarder l’étiquette. Il ne faut donc pas se précipiter dans l’achat ou la consommation de cette boisson.

Les cris des consommateurs du secteur de l’électricité se font aussi, de plus en plus, entendre à cause des factures exorbitantes et des coupures intempestives. Qu’est-ce qui est fait pour atténuer leurs souffrances ?

Pour les consommateurs du secteur de l’électricité, il y a un problème qui est sérieux. Le gouvernement et ses partenaires (Eneo et Sona-trel) sont dans l’incapacité à fournir une électricité permanente. Toute fois nous admirons les efforts qui sont faits au niveau du ministère de l’Eau et de l’Energie afin que l’électricité puisse arriver au niveau du consommateur, mais cela n’empêche pas qu’il y ait souvent des incidents sur les réseaux de distribution et qu’il y ait des délestages qui perturbent ce réseau de distribution.

Nous souhaitons que le gouvernement mette assez de volonté et assez de dynamisme pour davantage permettre, comme stipule le contrat qui lie Eneo au consommateur, d’avoir une électricité permanente, sans coupure. Quand aux factures exorbitantes d’Eneo, c’est également une violation de nos droits car le consommateur doit payer exactement ce qu’il a consommé. C’est pourquoi nous les invitons a toujours calculé eux-mêmes ce qu’ils ont consommé. Chaque fois qu’ils ont une facture, ils doivent regarder le kilowatt, la quantité consommée et la multiplier par la taxe sur la valeur ajoutée. Ce n’est que dans ce cas qu’ils vont s’assurer qu’il n y a pas eu erreur de facturation.

Quelles sont les actions que vous menez afin d’amener le consommateur à s’intéresser aux produits locaux ?

Nous sommes très intéressés par ce que nous appelons les produits vert-rouge-jaune parce que le président de la République l’a dit au Comice d’Ebolowa : il faut produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons. Pour ce faire, nous encourageons les consommateurs à choisir les produits du terroir et encourageons les producteurs à produire abondamment, et surtout la qualité et à moindre coût pour amener les consommateurs à privilégier ces produits-là. Les consommateurs camerounais choisissent les produits étrangers par ce que leur prix est faible.

Au Cameroun, l’un des vecteurs qui dicte le choix du consommateur, c’est le coût, le consommateur aime le moins cher, qui parfois s’avère cher. Donc la ligue consommateur des consommateurs est engagé^ dans l’encouragement, la sensibilisation et l’éducation des Camerounais afin qu’ils consomment ce qui vient de chez-eux, ce qui est produit chez eux et qui a une valeur ajoutée en termes d’emplois parce que ce sont nos frères qui travaillent alors que ce qui est importé fait partir des devises.

Le secteur de la téléphonie est un autre domaine qui inquiète. Avez-vous entrepris des démarches visant à protéger les consommateurs de ce domaine ?

Nous avons bataillé pour que le prix du téléphone soit au niveau où il est aujourd’hui. Ce ne pas ce que nous souhaitons mais, c’est déjà quelque chose. Nous avons contribué pour que la qualité soit passable comme elle est aujourd’hui. Nous sommes davantage concentrés sur le plaidoyer pour que la qualité également soit bonne. Il y a beaucoup de problème de réseau et du coup ça impacte sérieusement le consommateur. Quand il veut appeler pour parler normalement avec son correspondant, il n’arrive pas à entendre et ce sont des minutes en sa défaveur. Nous nous battons pour que la qualité s’améliore.

Comment appréciez-vous la décision du gouvernement qui a décidé de la fermeture de la société Sano ?

Nous avons mené des plaidoyers pour démontrer que l’eau Sano n’est pas de bonne qualité. Le gouvernement nous a Suivis et nous pensons que le gouvernement ne doit pas s’arrêter à Sano. Il y a d’autres entreprises qui trompent les consommateurs en disant que leur eau est minérale pourtant ce n’est pas le cas. Le gouvernement doit davantage mener ces actions pour sécuriser la vie dés consommateurs. C’est une action menée en retard, mais nous encourageons le gouvernement à faire plus.

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